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La remise du Prix Artémisia 2014 en video

Une vidéo réalisée par Line Scheibling la fille de Catel Muller

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Le prix Artémisia 2014 est attribué à Catel pour Ainsi soit Benoîte Groult

CP Prix Artemisia

La sélection Artémisia 2014

artemisia 2014A vos lectures! Voici la sélection pour le prix Artémisia 2014. La lauréate sera proclamée le 9 janvier, date anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir. Et le PRIX sera remis le jeudi 16 janvier à partir de 18h30 à la Librairie LA HUNE, 16, rue de l’Abbaye –75006 Paris

  • Ainsi soit-elle de Catel, GrCouv-CatelassetUne femme-symbole du féminisme et une autre femme, des- sinatrice celle-là, à son écoute, mais crayon en main. La main est habile, experte. L’oreille attentive. Résultat, un gros album où vous trouverez tout ce que vous voulez savoir sur le fémi- nisme sans jamais penser à le demander. Un petit retour en arrière pour ne pas avancer en aveugle et pour que les filles d’aujourd’hui ne régressent pas trop ! Salutaire !
  • C’est toi ma maman ? d’Aison Bechdel, Denoël Graphic
    maman
    Après Fun Home, où elle passait son homosexualité au pris- me de celle de son père, Bechdel se tourne vers sa mère. Étudiant avec sa précision d’entomologiste les rapports qui la lient depuis l’enfance à cette femme forte, au tempéra- ment artistique, mais à l’affectivité infirme (elle a cessé de toucher sa fille quand celle-ci a eu sept ans), elle trace une cartographie criante de vérité des relations mère-fille et de leurs conséquences sur la vie adulte.
  • Dark room de Lila Quintero Weaver, Steinkis
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    Immigrée venue d’Argentine, Lila Quintero Weaver pose son regard d’enfant sur le ségrégationniste en Alabama dans les an- nées 1960. Un témoignage sur les violences quotidiennes, le racisme ambiant et l’avancée des droits civiques à l’aune du récit de sa propre vie, lorsque, encore petite, elle interrogeait son identité. Une narration graphique sensible et éclairante sur un aspect peu connu de l’histoire américaine.
  • Ève sur la balançoire de Nathalie Ferlut, Casterman
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    Trop jeune, trop belle, trop convoitée, Evelyn « Eve » Nesbit fut une icône du début du XXe siècle, la muse du « swinging » Manhattan. Nathalie Ferlut retrace son histoire, jusqu’à la fin tragique, avec une empathie communicative. La mère abusive, le mari paranoïaque et l’amant pygmalion virevoltent sous son trait vif et se parent de riches couleurs. Un destin à méditer.
  • Jane, le renard et moi de Fanny Britt et Isabelle Arsenault, La Pastèque
    janeHélène, une adolescente persécutée par ses camarades de classe se réfugie dans la lecture de Jane Eyre, d’Emily Brontë. Puis, venant à point nommé en renfort de cette fiction, deux autres rencontres, bien réelles celles-là, vont rendre à Hélène sa joie de vivre: un magnifique renard roux au regard intelligent et une jeune fille qui devient son amie. Un récit touchant et sensible que le talent de la dessinatrice sublime.
  • L’Heure du loup de Rachel Deville, L’Apocalypse
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    A l’heure du loup, lorsque le sommeil est profond, les cauche- mars les plus fous révèlent les angoisses les plus ancestrales. En hommage au film éponyme d’Ingmar Bergman, Rachel De- ville expose dans ce recueil une vingtaine de rêves éprouvants et signifiants. Le graphisme charbonneux assure la cohérence d’un ensemble saisissant de réalités nocturnes. Une virée ini- tiatique dans le labyrinthe de l’inconscient.
  • La Propriété de Rutu Modan, Actes Sud
    propriété
    À la mort de son fils, Régina retourne à Varsovie avec sa petite fille pour récupérer, croit-on, une propriété familiale spoliée pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle cherche en fait à retrouver son premier amour emporté par l’Histoire. Par l’auteur du très acclamé Exit Wounds, un récit sensible autour de la mémoire, dont la mélancolie est tempérée par la facétie et un trait « ligne claire » net et expressif.
  • La Tendresse des pierres de Marion Fayolles, Magnani
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    Un très bel album, fait avec un soin extrême par un éditeur respectueux du travail de l’auteure. D’autant plus respec- tueux que le sujet est délicat : la maladie mortelle, l’agonie d’un père encore jeune. Mort parfois affrontée de face sur un mode réaliste, parfois en se réfugiant dans le symbolique et l’imaginaire dans un registre surréaliste, poétique. Une poésie noire et élégante malgré la dureté extrême du sujet. Magnifique !
  • Le cirque de Ileana Surducan, Makaka
    cirque
    Place au spectacle avec Manu, le dompteur de chaise ! Ileana Surducan installe son cirque fantastique au sein d’une cité où « La raison éclaire l’esprit » et les rêves illuminent l’ima- ginaire. Le graphisme accompagne une dramaturgie toute en dualité, entre le noir et blanc, et la couleur, le jour et la nuit, révélant le fragile équilibre entre le connu et l’inconnu. Une fable contemporaine sensible et enchantée.
  • Les filles de Montparnasse, t.3 Les jupes noires de Nadja, Olivus
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    Paris, années 1870 : le destin de quatre femmes artistes et/ou intellectuelles dans une France enfin républicaine, mais tou- jours dominée par les hommes. Les avant-gardes artistiques ou féministes — pas fatalement incompatibles — se précisent comme autant de solutions — parfois douloureuses — à leur situation dominée. L’esthétique de Nadja, proche de celle d’un Vallotton ou d’un Raison, colle exactement au propos.
  • Les incrustacés de Rita Mercedes, L’Association
    incrustacés
    Sur un scénario fantastique très dense, un dessin d’inspira- tion vernienne, à raison de deux à cinq monocolores sépia par page et une narration solide, Rita Mercedes a réalisé l’oeuvre de sa vie. Remarquable illustratrice, elle réussit son entrée dans la BD de façon spectaculaire. Cousine de l’uni- vers d’un Topor ou d’un Gourmelin, alliant réalisme et cari- cature, elle réalise un album sans précédent. Événement !
  • Mauvais genre de Chloé Cruchaudet, Delcourt
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    Quelques images suffisent à planter le décor de l’effroyable guerre des tranchées en toile de fond. Paul déserte et, pour échapper aux recherches, mènera, jusqu’à l’amnistie de 1925, une vie de travesti dans le Paris des années folles, avec la complicité de sa femme. Chloé Cruchaudet s’appuie sur cet- te incroyable histoire vraie pour (se) jouer, avec virtuosité, des stéréotypes du masculin et du féminin.Troublant.
  • Moscou endiablé de Bettina Egger, Le Moule-à-Gaufres
    moscou
    Moscou endiablé n’est pas une adaptation du célèbre chef d’œuvre de Mikhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite. Pas- sionnée par la littérature russe, Bettina Egger part sur les traces de l’écrivain à Moscou et parvient à conjuguer le réel et la fiction dans un album finement ouvragé où alternent planches en noir et blanc et croquis de voyage à l’aquarelle. Un formidable travail d’enquête et un brillant hommage.

La sélection Artémisia 2008

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Zeïna Abirached – Mourir partir revenir – Le jeu des hirondelles -Cambourakis

Cette artiste libanaise livre dans ce roman graphique une enquête poignante sur sa grand-mère lorsqu’elle découvre en avril 2006, sur  le site internet de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA),  un reportage tourné à Beyrouth en 1984. Alors que les journalistes interrogent les habitants d’une rue située à proximité de la ligne de démarcation, qui coupait la ville en deux, la dessinatrice reconnaît sa grand-mère.

Daphné Collignon - CœlacanthesDaphné Collignon – Cœlacanthes – 2/Emma Vents d’Ouest

Le deuxième volet d’un diptyque qui interroge le rapport de l’artiste à la création. Après le thème de la peinture traité dans le premier tome à travers le personnage de Noa, Daphné Collignon questionne la littérature avec Emma, une jeune trentenaire écrivaine. Une exploration esthétique du monde intérieur, des origines de l’inspiration et de l’imagination pour décrypter les mystères de la création.


capucinFlorence Dupré
 – La Tour Capucin – 2/Pour quelques coups de baguette – Gallimard

Retiré chez les moines, Capucin ne se fait pas à la vie monastique et renoue vite avec la grande aventure dans un univers médiévale de fantastique et de sorcelleries.  Florence Dupré la Tour revisite ici avec un humour délicieusement noir les romans de chevalerie.

mywayJi Di – My way – 1 – Xia Pan

Un manhua poétique qui suit les pérégrinations d’un héros anonyme à la rencontre d’âmes errantes dans un monde étrange. Sept histoires, sept tonalités graphiques, mises en scène dans un univers fantasmagorique envoutant.  Avec My way, Ji Di propose une belle invitation au songe, qui accompagne un héros évanescent toujours en quête de lui-même dans sa rencontre avec les autres.

seulescontretoutesMiriam Katin – Seules contre tous – Seuil

A 63 ans, Miriam Katin commence les premières planches de ce premier roman graphique dans lequel elle relate son parcours avec sa mère en Hongrie durant la Seconde Guerre mondiale, dans leur fuite des persécutions nazies. Seules contre tous constitue un témoignage poignant de cette vie dans la clandestinité transcrite avec brio par un scénario qui n’épargne rien.

Jung-Kyung-A-Femmes-De-Reconfort-Esclaves-Sexuelles-De-L-armee-Japonaise-Livre-896623645_MLJung Kyung-a- Femmes de réconfort-Au diable vauvert – 6 Pieds sous terre

Pendant l’occupation de la Corée par le Japon, lors de la seconde guerre mondiale, près de 200 000 femmes coréennes ont été kidnappées, déportées, violées, battues, tuées, abandonnées. Jung Kyung-a, raconte dans ce manhua l’histoire vraie de ces « femmes de réconfort », envoyées dans les camps de l’armée japonaise pour y servir d’esclaves sexuelles.

 

exitRutu Modan – Exit wounds – Actes Sud BD

Dans cette plongée au sein de l’intime dans la société israélienne contemporaine, la célèbre illustratrice Rut Modan livre un roman graphique d’une grande qualité à travers la trajectoire d’un homme et d’une femme liés par un homme le père du premier qui a eu une liaison avec la seconde. Sa disparition conduit le duo à partir ensemble à sa recherche et sert de point de départ à une peinture sociale saisissante.

foretdeloubli

Nadja – La forêt de l’oubli – 3/La fille sauvage – Gallimard

Linda et Mingo fuient vers la forêt. Les couleurs se font de plus en plus chatoyantes au fur et à mesure de leur progression vers la vérité. Quant aux forces obscures, elles se tintent en rouge sang. Linda rejoint finalement son double dans la forêt : une fille sauvage qui lui ressemble étrangement. Les peurs et inquiétudes de Linda trouveront leur réponse dans la découverte de sa propre nature.

elephantIsabelle Pralong – L’éléphant – Vertige Graphic

Le téléphone qui sonne. Et l’improbable qui arrive : un père inconnu jusqu’alors émerge du néant au moment de mourir. Ne pas y penser. Ne pas faire l’autruche. Continuer de considérer cet homme pour ce qu’il est : un inconnu. Aller au chevet du mourant. L’accompagner dans ses derniers instants. Tout se bouscule et pourtant il faut continuer à vivre, le boulot, les enfants, les copains, la vie quoi. La vie donnée par ce géniteur qui surgit comme un diable de sa boîte, trop tôt pour se faire oublier, trop tard pour lui poser les questions essentielles.

johannafuturoJohanna Schipper – Nos âmes sauvages – Futuropolis

Dans un voyage introspectif à la recherche d’elle-même, Johanna Schipper, alias Nina, se laisse guider par un chaman pour percer son propre mystère. Une initiation dense et poétique qui conduit Johanna a interroger son monde intérieur et l’altérité, en filigrane à poser la question de la place de l’individu dans la société contemporaine et démystifiée.

La création du prix artémisia

 Communiqué de presse

La bande dessinée au féminin bientôt honorée par un nouveau prix

Pourquoi un prix Artémisia de la BD ?

 Parce que la création BD au féminin nous semble peu connue et reconnue, peu valorisée et éclairée, quelques arbres surexposés cachant la forêt des talents laissés dans l’ombre ou à l’abandon.

Parce qu’un regard féminin sur la production BD nous paraît essentiel.

Parce que se donner le pouvoir de reconnaître et non pas seulement de produire est un enjeu et un symbole des plus importants pour les femmes qui participent à cette aventure.

Parce que la BD destinée à tous et largement diffusée, reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes écrasants.

Parce que les jurys, notamment pour les présélections (cf. Angoulême), sont généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort.

Parce qu’il n’y a pas de raison pour que seule la littérature avec son prix Fémina, et le cinéma avec son festival de Créteil, aient droit à des espaces de légitimation et de reconnaissance au féminin.

C’est pour toutes ces raisons (et quelques déraisons) que nous souhaitons créer un prix qui distinguera un album scénarisé et/ou dessiné par une ou plusieurs femmes. Il sera décerné chaque année le 9 janvier.

 Pourquoi le prix Artémisia ? Le personnage et le destin de la grande artiste italienne du XVIIe siècle, Artémisia Gentileschi, symbolisent à eux seuls ceux de la femme artiste (plasticienne) dans nos sociétés patriarcales, par-delà les temps et les régimes. Il nous a semblé utile et juste de rattacher ce prix qui honore l’image narrative féminine, à l’histoire plus large, plus riche et plus explorée de la création graphique au féminin. Ceci afin de ne pas risquer de nous retrouver enfermées nous-mêmes dans nos propres phylactères.

Vous êtes chaleureusement convié(e) à la conférence de presse qui aura lieu

le 8 novembre 2007 à 17 heures à la Librairie Goscinny – 5 bis, rue René Goscinny – 75013 Paris

 

 

Les membres du prix Artémisia BD :

 

Marguerite Abouet, Anne Bleuzen, Marie-Jo Bonnet, Sylvie Fontaine, Marie Moinard, Chantal Montellier, Annie Pilloy, Jeanne Puchol, Valérie de Saint-Do.

Contact par mail : assoartemisia@gmail.com ou par courrier à Association Artémisia – 8 place Rhin et Danube – 75019 Paris