Archives de Catégorie: Le prix artémisia

En avant pour le prix 2017!

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PS : merci à Gilles Ciment pour la frise

La Reconstitution par Chantal Montellier

couvreconstitutionLa fondatrice de l’Association Artémisia,Chantal Montellier, vient de sortir le premier tome de son autobiographie, titrée « La Reconstitution » aux Editions Actes Sud/L’An 2.

L’ouvrage témoigne à la fois d’une recherche personnelle et d’une prise de distance : le regard lucide et critique d’une femme artiste sur la société entière.

Le mot de l’éditeur :  

Pionnière de la bande dessinée au féminin, l’auteure de Odile et les crocodiles, La Fosse aux serpents, Les Damnés de Nanterre, Tchernobyl mon amour et L’Inscription (parmi près d’une trentaine d’ouvrages) raconte son itinéraire de femme et d’artiste. Elle suit le cours de ses expériences dans l’univers du dessin de presse politique, de la bande dessinée et plus généralement du monde de l’édition.

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Ainsi que le dit la préface, signée par Thierry Groensteen, son œuvre militante et forte apparaît clairement comme « une œuvre de combat. Parce que Montellier s’est tenue aux côtés des opprimés, des aliénés, de ceux qui ne rentraient pas dans le moule, qui ne savaient comment s’inscrire dans une réalité hostile, et qu’elle leur a prêté son talent. Mais aussi parce que, pour se faire entendre, pour exister comme artiste, sans jamais faire de concession ni flatter les dominants, elle a dû batailler et payer le prix fort. »

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Dans le paysage de la bande dessinée autobiographique, ce livre-bilan est sans équivalent : c’est la véritable, incroyable et édifiante histoire d’une dessinatrice dite engagée, qui livre « sa » vérité, sans épargner personne. Ce n’est d’ailleurs pas tout à fait une bande dessinée, mais un récit illustré.

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La Reconstitution comprendra deux livres, le premier allant de 1947 au tout début des années 90, le second de 91 à nos jours. Auteure, Chantal Montellier, préface de Thierry Groensteen – maquette : Brigitte Bontemps – 288 pages en  32,00 € – Publication : janvier 2015

 

L’hommage de Barbara Yelin, lauréate 2015

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Retrouvez Barbara Yelin à la Librairie la Hune  à Paris demain mardi 27 Janvier, pour la remise du Prix Artémisia 2015, à partir de 18h30

Rencontre avec Barbara Yelin, lauréate du prix Artémisia 2015

La remise du Prix aura lieu le Mardi 27 janvier à la librairie La Hune à Paris à partir de 18h30, en présence de la lauréate Barbara Yelin (Irmina), de notre marraine, Mylène Demongeot et de Benoîte Groult, l’héroïne de notre Prix Artémisia 2014 (Ainsi soit Benoît Groult) qui récompensait la biographie dessinée écrite par Catel. 

Venez nombreux et nombreuses!

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Charlie, même pas mort! Artémisia avec toi!

Parce que c’est la liberté et le dessin qu’on a assassiné, 

Parce que l’auto-censure n’est pas la solution,

Parce que malgré tout, c’est notre devoir de continuer, 

Parce que nous sommes Charlie, et que nous luttons contre la barbarie, pour le droit à l’expression et à l’imagination libre. 

Parce que nous n’avons que nos mots, nos images et nos convictions. 

Parce que se taire, c’est se résigner, 

Parce que nous résisterons, 

Nous dédions ce Prix Artémisia 2015 à la paix, à la liberté, en mémoire de nos amis et des victimes de ces massacres,  en maintenant solidairement la date symbolique de  l’anniversaire de Simone de Beauvoir, notre rendez-vous annuel, en hommage à ces attentats.

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Le jury , après délibération, a arrêté son choix sur Barbara Yelin pour son livre Irmina publié chez Actes Sud – L’An 2. Elle succède à Johanna Schipper (2008), Tanxxx et Lisa Mandel (2009), Laureline Mattiussi (2010), Ulli Lust (2011), Claire Braud (2012), Jeanne Puchol (2013) et Catel (2014).

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Irmina raconte l’histoire vraie d’une jeune allemande partie en Angleterre dans les années 30, qui tombe amoureuse d’un brillant boursier d’Oxford originaire de la Barbade. Malgré ses rêves de liberté et ses espoirs d’indépendance, contrainte de revenir en Allemagne, elle y épouse finalement un architecte, officier dans la SS qui meurt à la guerre. L’Irmina idéaliste des débuts, la courageuse jeune femme scandalisée par le racisme dont est victime son amant noir, devient la mère au foyer aryenne portée par les ambitions de son mari, coupable et complaisante vis-à-vis du régime nazi. Veuve, elle mène après la guerre une existence discrète et tranquille à Stuttgart quand elle reçoit trente cinq ans plus tard une lettre inattendue de son ancien amant de la Barbade.

Barbara Yelin met ici en scène la vie de sa grand-mère, un héritage sublimé et soutenu par un dessin sombre aux traits vifs, où seule l’aquarelle semble illuminer cette existence grise. La mise en perspective de cette histoire familiale au regard de la tragédie de l’histoire, conduit surtout la dessinatrice à jongler avec honnêteté entre l’affection naturelle pour son personnage et la démonstration de sa compromission. Car Irmina était une femme libre de ses choix, très peu menacée par le système, une femme qui n’a jamais pris de risque, pas même pour réaliser ses rêves. Cette trajectoire dessine ainsi les contours d’une vie ratée, une vie où le « ce qui aurait pu » dégoûte de « ce qui a été », et résonne comme un avertissement contre la passivité et la résignation volontaire, montrant sans excuser la lâcheté d’un peuple en miroir de cette destinée. Un formidable roman graphique et un avertissement dont Artémisia souligne la valeur actuelle.

Lucie Servin pour l’Association Artémisia

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(Catel, Lauréate du Prix Artémisia 2014)

Charlie, Même pas mort! Artémisia avec toi!

La remise du Prix aura lieu le Mardi 27 janvier à la librairie La Hune à Paris à partir de 18h30, en présence de la lauréate et de notre marraine, Mylène Demongeot. 

Prix Artémisia 2015 : la sélection

 

Log. Artémis (1)Découvrez les dix bandes dessinées de talentueuses auteures dans la sélection pour le prix Artémisia 2015! La lauréate sera proclamée le 9 janvier, date anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir. Le PRIX sera remis le mardi 27 janvier à partir de 18h30 à la Librairie LA HUNE, 16, rue de l’Abbaye –75006 Paris

100 demons-couvMES CENTS DÉMONS de Lynda Barry, Çà & là

A travers une série de strips inspirés des pratiques zen, Lynda Barry livre avec humour une sorte de journal intime, où elle met en scène les événements drôles ou douloureux qui ont fait d’elle ce qu’elle est. Ni fiction, ni autobiographie, cette «autobifictionalographie», supportée par un dessin faussement enfantin, s’empare de l’anodin pour exorciser les démons de l’enfance et de l’imagination. Un exercice jubilatoire.

lillianLILLIAN THE LEGEND de Kerry Byrne . Agrume

Lillian the legend est l’histoire vécue d’une jeune Russe partie dans les années 20 tenter sa chance économique aux USA. Sur place l’expérience de la misère puis l’incendie de son usine l’incitent à retourner chez elle, chemin que, faute d’argent, elle parcourra à pied jusqu’au détroit de Béring. La narration récitative est portée par un graphisme puissant, au style d’imagerie populaire qui rappelle D. Baldaev.

Couv-LacherPrise-webLÂCHER PRISE de Miriam Katin . Futuropolis

Installée à New York, la dessinatrice d’origine hongroise Miriam Katin a définitivement tourné le dos aux souvenirs de la guerre et du nazisme qu’elle évoquait dans Seules contre tous. 60 ans plus tard, son fils qui veut s’installer à Berlin la confronte de nouveau à cette histoire. Les planches au crayon jonglent avec humour entre anecdotes et questions existentielles, accompagnant la réconciliation du présent avec l’avenir.

moderneMODERNE OLYMPIA de Catherine Meurisse . Futuropolis

Les tableaux et leurs personnages s’ennuient au Musée. Les figures sortent du cadre, libérées par le pinceau habile de Catherine Meurisse. Ils s’autonomisent et, échappant à leur destin de modèles deviennent les vrais acteurs de cette comédie musicale graphique. Ainsi de l’Olympia créée par Manet en 1863, qui, coiffée d’un seul ruban, part dans de folles aventures, accompagnée du Fifre du même Manet. Un hommage à l’art dont la dessinatrice de Mes Hommes de lettres et du Pont des arts a le secret.

O CruelleÔ CRUELLE de Nadja. Actes sud BD

Tout en terminant sa tétralogie féministe sur Les filles de Montparnasse, Nadja nous embarque dans une rêverie à travers le regard d’une femme, qui connaît les confidences entre filles, et devine ce que seraient les pensées secrètes des hommes. Le pinceau est celui d’une peintre, un trait épais, gracieux, des personnages fortement soulignés à la manière des nabis –sauf que l’auteure, libre de ses sens, est bien d’aujourd’hui.

nikiNIKI LE JARDIN DES SECRETS de Dominique Osuch et Sandrine Martin . Casterman

Niki de Saint Phalle ou comment une jeune bourgeoise violée par son père réussit à lui rendre la pareille. Entendez, force l’imaginaire du père, des pères et de la société patriarcale, organisée comme un seul et même phallus (à étages), à intégrer la créativité de l’Autre: la Femme. Servi par un récit bien nourri par son sujet même et par des dessins en empathie avec leur modèle, un album qui témoigne de cette magnifique trajectoire.

Literary-Life-de-Posy-Simmonds_full_news_leftLITERARY LIFE de Posy Simmonds . Denoël Graphic

Dans ces chroniques du Guardian, Posy applique à ses victimes – éditeurs, écrivains, critiques, poseurs et autres « gendelettres » – la finesse, l’acuité, l’ironie tendre et cruelle qu’elle destinait aux héroïnes de ses fameux romans graphiques, Gemma Bovery et Tamara Drew. Page à page, elle compose une réjouissante Foire aux Vanités moderne, à la fois proche et bien loin des folles époques de Jane Austen, Thackeray, ou P.G. Wodehouse.

cet étéCET ÉTÉ-LÀ de Jillian et Mariko Tamaki, . Rue de Sèvres

Comme tous les étés, Rose part en vacances avec ses parents retrouver la plage et sa copine Windy. Cet été-là, pourtant, la jeune fille a 13 ans, et rien n’est plus comme avant. De l’enfance à l’adolescence, ce roman graphique de 300 pages émerveille par le dessin. Une initiation soutenue par un scénario réaliste qui rythme avec justesse la narration au ralenti, en laissant aux planches le temps de la contemplation et du silence.

teufLE FRONT D’ALSACE d’Anne Teuf . Delcourt

Juillet 1914. Joséphine, surnommée Finnele, partage sa vie entre l’école de son village d’Alsace et l’église où officie son père pasteur. La menace de la guerre accompagne celle de la mobilisation des hommes et l’éclatement de la région entre Allemagne et France. A partir du récit de sa grand-mère, Anne Teuf projette le regard d’une enfant sur cette période trouble. Une mise en lumière judicieuse de l’identité alsacienne.

Irmina_couveIRMINA de Barbara Yelin . Actes sud- l’An 2

Irmina, ou l’histoire d’une jeune allemande partie en Angleterre dans les années 30, avec ses rêves de liberté et ses espoirs d’indépendance. Contrainte de revenir en Allemagne, elle est séduite par le régime nazi et portée par une complaisance coupable. L’aquarelle illumine le dessin sombre et porte une narration sans ambiguïté sur la compromission de la grand-mère de l’auteure. Un héritage qui sonne comme un avertissement.

HORS SÉLECTION- UN HOMMAGE À JACQUELINE DUHÊME

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UNE VIE EN CROBARDS de Jacqueline Duhême. Gallirmard Jeunesse

Artémisia rend hommage à la grande illustratrice Jacqueline Duhême, au travers de son livre Une vie en crobards. Ce récit illustré raconte sa vie avec fraîcheur, de l’enfance difficile jusqu’à son épanouissement en tant qu’artiste ayant côtoyé les poètes et peintres phares du XXè siècle, Eluard, Matisse et tant d’autres. Ses dessins en enluminures ponctuent le texte manuscrit. L’autobiographie atypique d’une femme libre qui réalise un album sans précédent. Événement !

Elues Croc’Odiliennes? Solidarités Artémisiennes

Artémisia réagit en soutien contre la censure qui frappe l’expo « Les Crocodiles » réalisée par Thomas Mathieu à Toulouse. Notre fondatrice, Chantal Montellier, prend la parole.

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Sylvie Chabroux, l’attachée de presse d’Artémisia vient de nous alerter au sujet de la censure  toulousaine qui frappe L’expo autour de la BD « Les Crocodiles » réalisée par Thomas Mathieu et prévue pour la « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes » (le 25 novembre) . Cette expo est interdite d’affichage dans le Square Charles de Gaulle à Toulouse. Deux élues de la Mairie s’y opposent fermement.

La municipalité de la ville rose veut bien des affiches trash pour lutter contre la violence routière mais pas de BD choc pour lutter contre la violence faite aux femmes. Les édiles de la ville – emmenés par deux femmes, Laurence Katzenmeyer adjointe au maire en charge de la famille et Julie Escudier conseillère municipale déléguée et 17e vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de la cohésion sociale –  en dénoncent notamment « l’aspect immoral » et la « vulgarité ».

Les femmes (des électrices comme les autres) apprécieront…  et les dessinatrices anti crocodiles aussi.

J’ai personnellement consacré un album à ce sujet éternel : les prédateurs sexuels de femmes à la chair tendre. Cet album occulté s’intitule “Odile et les crocodiles”. La censure crocodilienne n’avait alors frappé que par le black listage de ce bouquin transgressif, mais  le bruit s’était répandu que je fréquentais trop les marigots et que mes images étaient glauques!!! Ben tiens!

J’ai été contente lorsque, m’ intéressant à l’album de Thomas Mathieu, je suis tombée sur une interview de lui où il me citait, du moins mon livre, comme source d’inspiration. La chose est plutôt exceptionnelle et j’aurais plutôt imaginé que le flambeau serait repris par une Odile!! Hélas…

En regardant de plus près les dessins que, dans un premier temps, j’avais trouvé un peu maladroits et enfantins, je me suis aperçue que le contenu, texte et dialogues, avait du punch et tapait  souvent juste, exemple:

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Par ma voix, Artémisia exprime son soutien à Thomas Mathieu, et je crois que la plus grande vulgarité n’est peut être pas là où les élues toulousaines la mettent.

Chantal Montellier
Dessinatrice, scénariste, fondatrice d’Artémisia

Un rassemblement est, par ailleurs, organisé ce mardi 25 novembre en fin d’après-midi dans le centre ville.

 

Infos :
-> Le projet Crocodiles
-> L’album édité chez le lombard