Archives mensuelles : novembre 2014

Elues Croc’Odiliennes? Solidarités Artémisiennes

Artémisia réagit en soutien contre la censure qui frappe l’expo « Les Crocodiles » réalisée par Thomas Mathieu à Toulouse. Notre fondatrice, Chantal Montellier, prend la parole.

Elues Croc’Odiliennes?,

Sylvie Chabroux, l’attachée de presse d’Artémisia vient de nous alerter au sujet de la censure  toulousaine qui frappe L’expo autour de la BD « Les Crocodiles » réalisée par Thomas Mathieu et prévue pour la « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes » (le 25 novembre) . Cette expo est interdite d’affichage dans le Square Charles de Gaulle à Toulouse. Deux élues de la Mairie s’y opposent fermement.

La municipalité de la ville rose veut bien des affiches trash pour lutter contre la violence routière mais pas de BD choc pour lutter contre la violence faite aux femmes. Les édiles de la ville – emmenés par deux femmes, Laurence Katzenmeyer adjointe au maire en charge de la famille et Julie Escudier conseillère municipale déléguée et 17e vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de la cohésion sociale –  en dénoncent notamment « l’aspect immoral » et la « vulgarité ».

Les femmes (des électrices comme les autres) apprécieront…  et les dessinatrices anti crocodiles aussi.

J’ai personnellement consacré un album à ce sujet éternel : les prédateurs sexuels de femmes à la chair tendre. Cet album occulté s’intitule “Odile et les crocodiles”. La censure crocodilienne n’avait alors frappé que par le black listage de ce bouquin transgressif, mais  le bruit s’était répandu que je fréquentais trop les marigots et que mes images étaient glauques!!! Ben tiens!

J’ai été contente lorsque, m’ intéressant à l’album de Thomas Mathieu, je suis tombée sur une interview de lui où il me citait, du moins mon livre, comme source d’inspiration. La chose est plutôt exceptionnelle et j’aurais plutôt imaginé que le flambeau serait repris par une Odile!! Hélas…

En regardant de plus près les dessins que, dans un premier temps, j’avais trouvé un peu maladroits et enfantins, je me suis aperçue que le contenu, texte et dialogues, avait du punch et tapait  souvent juste, exemple:

 odile     

Par ma voix, Artémisia exprime son soutien à Thomas Mathieu, et je crois que la plus grande vulgarité n’est peut être pas là où les élues toulousaines la mettent.

Chantal Montellier
Dessinatrice, scénariste, fondatrice d’Artémisia

Un rassemblement est, par ailleurs, organisé ce mardi 25 novembre en fin d’après-midi dans le centre ville.

 

Infos :
-> Le projet Crocodiles
-> L’album édité chez le lombard

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Les crayons de Laureline Mattiussi pour Amnesty International

êtrelàLaureline Mattiussi, notre Lauréate du prix 2010 et membre du jury d’Artémisia signe avec d’autres dessinateurs l’adaptation en bandes dessinées de reportages réalisés par le scénariste Christophe Dabitch. 

Fort de sa précédente expérience avec «Immigrants » (Futuropolis), entretiens dessinés et portraits de personnes ayant quitté leur pays pour la France, Christophe Dabitch a poursuivi son voyage journalistique pour recueillir la parole d’une humanité bafouée, malmenée ou ignorée. Sur quatre continents, il a arpenté pendant un an ce chemin ponctué par les actions et les combats d’Amnesty International.

Avec d’autres dessinateurs (Jorge González, Laurent Labat, Benjamin Flao, Manuele Fior, Guillaume Trouillard, Sergio Aquindo, Damien Roudeau, Christian Durieux, Daniel Blancou, Gabrielle Piquet, Zeina Abirached, Michaël Sterckeman et Piero Macola), Laureline Mattiussi collabore dans le livre intitulé « Être là », qui, à travers 13 récits, ouvre à la réflexion sur ce que défendre les droits humains représente tant en France ou à l’étranger.

Disponible à partir du 6 novembre 2014, la soirée de lancement est prévu le 4 novembre 2014

-> Pour en savoir plus

Le mot d’Amnesty International :

Des trottoirs mémoriels de Buenos Aires à un lac asséché par les spéculateurs fonciers, d’un fleuve à la frontière gréco-turque aux couloirs de la mort dans les prisons japonaises, des ruines de Grozny aux camps de Roms de Grigny, du totalitarisme numérique de Big (Brother) Data aux victimes ivoiriennes de sociétés pétrolières criminelles, il a partagé et recueilli la voix de ceux qui se battent pour leurs droits et transforment leur statut de victime en celui d’acteur.

Un voyage journalistique et  graphique pour recueillir la parole d’une humanité bafouée, malmenée ou ignorée.