La sélection Artémisia 2012

Artémisia2012

Chloé Cruchaudet, Ida, Candeur et abomination t. 2, éditions Delcourt

 Vieille fille excentrique, Ida parcourt toujours l’Afrique coloniale de la fin du XIXe. Déjouant les clichés sur l’exotisme, Chloé Cruchaudet dévide avec malice le fil de ce voyage initiatique qui conduit son héroïne à la cour du roi du Dahomey. Dépaysement garanti.

 

Claire Braud, Mambo, L’Association

Une maison idéale gardée par un tigre géant; un fonctionnaire initié d’un coup de poële à frire à la sérénité; un homme, un vrai, dont les dents pointues l’empêchent d’embrasser; un mystérieux chauffeur
de bus et Petula Peet, dissimulant sa peur d’aimer derrière une improbable malédiction familiale. 
Un trait sûr et gracile chorégraphie ce mambo amoureux, sensuel, surréaliste. La vie telle qu’elle pourrait être.

Marine Blandin, Fables nautiques, éditions Delcourt 

Les trois sorcières ne marmonnent pas leurs sortilèges au fond de la forêt, elles sont juchées au point culminant de la piscine qu’elles couvent en observant leur petit monde. Le complexe nautique comme un univers en soit, avec ses espaces végétaux infinis et leur respiration inquiétante, avec les «cuisseuses», ces nageuses qui ne s’arrêtent jamais, ses bassins remplis d’une faune dangereuse, et cette vieille au bonnet rouge qui va chaque jour lancer des carottes dans le grand bassin à la fureur du maître nageur. Un premier livre fantasque, émouvant, où se déploie un dessin dynamique et un sens de la dérision réjouissant. 

Sybilline et Natacha Sicaud, Sous l’entonnoir, éditions Delcourt 

Le 10 novembre 1995 Sybilline, étudiante âgée de 17 ans, est hospitalisée pour syndrome dépressif majeur. Avec Sous l’entonnoir le Prix Artemisia salue une oeuvre, puissante, courageuse, talentueuse, qui en plus se termine sur une note optimiste : « Je pensais me perdre dans des dosages médicamenteux sans intérêt, mais non. Il y a de l’empathie, des constats justes… » écrit l’auteure à propos de son dossier médical. Magnifique!

 

Karine Bernadou, Canopée, éditions Atrabile

Histoires brèves et muettes formant un roman graphique, noir, blanc, rouge, Canopée passe d’une narration réaliste à la fantaisie la plus débridée. L’héroïne enfant, adulte, en fuite, en amour, ensauvagée, semble sans désir ni but. Allégorie glissant de drame en gag, ce troisième album de Karine Bernadou, illustratrice jeunesse et ex-lauréate Jeunes talents à Angoulême témoigne d’une forte originalité.

 

Sarah Glidden, Comment comprendre Israël en 60 jours ou moins, éd. Steinkis

Comment comprendre Israel en 60 jours ou moins ou le compte-rendu, sous forme BD, du premier séjour en Israel d’une jeune Américaine (le Golan, le lac de Tibériade, Tel Aviv, le désert, Jérusalem…). Un sujet « chaud » que l’auteur traite avec intelligence, distance, humour et talent. Un glossaire et une chronologie en fin d’ouvrage.

 

Lucie Lomova, Les Sauvages, éditions Actes Sud l’An 2

Les Sauvages évoque la rencontre entre un botaniste de Prague et un indien du Paraguay en 1909. Qui est le sauvage ? Qui est le civilisé ? Histoire forte et actuelle, sur l’humanité de l’étranger. Le dessin est parfaitement lisible, la mise en couleurs adaptée au récit; un travail soigné, maîtrisé. Par une auteur tchèque reconnue dans son pays.

 

Joyce Farmer, Vers la sortie, éditions Actes Sud l’An 2


La vieillesse, la décrépitude, la dépendance… Joyce Farmer prend à bras le corps des sujets douloureux dans ce récit autobiographique du long accompagnement de ses parents vers la sortie. Sans concession, mais sans complaisance larmoyante. Une narration au scalpel, servie par les détails d’un dessin très fouillé et éclairée de touches d’humour.

 

Anke Feuchtenberger &Katrin de Vries, La Putain P jette le gant, éditions FRK

Grande prêtresse de l’école de BD de Hambourg, Anke Feuchtenberger reprend son personnage fétiche pour trois récits indépendants. Confrontée à un homme de pouvoir puis à un autre qui refuse de la courtiser, la Putain P se perd dans un zoo et hante un bal désert. Les mots sont volontairement pauvres et rares, les images puissantes, symboliques, énigmatiques.

Marion Montaigne, Tu mourras moins bête, éditions Ankama

Astrophysique, aéronautique, balistique, géologie…Avec humour et une salutaire distanciation la professeure Marion Montaigne répond aux questions que se posent aussi bien les enfants sages que les savants fous. Trash, geek et surtout bien informée cette dessinatrice a trouvé la bonne formule .Quelques touches légères à l’aquarelle agrémentent
ses dessins, saisis sur le vif. La rapidité du trait et la concision des mots font mouche.

Marion Fayolle, L’homme en pièces, éditions Michel Lagarde

Une collection de saynètes impertinentes sur la solitude, le narcissisme, la séduction, l’incompréhension entre les sexes. L’absence de paroles, le trait délicat, les couleurs pastel, les personnages à l’allure de pantins font un très bel objet et un support à la rêverie.

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