Première conférence de presse de l’association artémisia

 

Ce jeudi 8 novembre se tenait la première conférence de presse de cette association, à la librairie Goscinny, située dans le 13ème arrondissement de Paris. Etaient présentes presque tous les membres à l’exception d’Annie Pilloy, qui habite en Belgique ; à savoir : Marguerite Abouet (scénariste de la série Aya de Yopougon), Anne Bleuzen (critique littéraire et de bandes dessinées sur le site parutions.com), Marie-Jo Bonnet (historienne d’art et écrivaine), Sylvie Fontaine (auteure de CubikLe Poulet du DimancheNaïve), Marie Moinard (critique de bandes dessinées et éditrice des éditions Des ronds dans l’O), Chantal Montellier (auteure de Julie BristolSocial FictionLes damnés de NanterreTchernobyl mon amour, etc.), Jeanne Puchol (auteure de Judette CamionHaro sur la bouchère !, etc.), et enfin Valérie de Saint-Do (directrice adjointe de la revue Cassandre/Horschamp).

 

Première constatation : les journalistes ne s’étaient pas déplacés en masse, ce qui est bien dommage. À croire que la cause n’est pas assez importante, ou que le vernissage autour du dernier album de Loisel l’était davantage…

 

 

Après un tour de table présentant les membres de l’association, Jeanne Puchol entra dans le vif du sujet en nous parlant du choix porté sur le nom d’Artémisia : Artémisia Gentileschi était une artiste-peintre italienne du XVIIe siècle et une femme libre. Marie-Jo Bonnet a ensuite expliqué le célèbre tableau de Gentileschi, Judith et Holopherne, comme le tableau d’une NAISSANCE. Elle a rappelé également que Chantal Montellier avait réalisé une bande dessinée autour de ce personnage dans le tome 2 de Julie Bristol, le premier tome étant consacré à Camille Claudel

 

Vinrent ensuite des considérations – à la base de la création de l’association – sur la faible place faite aux femmes et le peu de reconnaissance de leurs œuvres dans le métier de la bande dessinée. Marie Moinard a expliqué que si les auteures de bandes dessinées étaient très présentes sur internet à travers les blogs, ce n’était pas le cas dans le monde de l’édition professionnelle, et qu’elle recevait très peu d’offres de la part d’auteures femmes en tant qu’éditrice. Cette année, il n’y aurait eu en effet qu’autour de 6,5 % de création féminine (dessinatrices ou scénaristes) parmi l’ensemble des bandes dessinées nouvelles parues. Marie-Jo Bonnet défendait l’idée de l’utilité d’un autre regard, celui des femmes, sur le monde. Chantal Montellier a parlé du rapport de pouvoir existant face à l’imaginaire masculin dominant et de l’ « interdit » fait aux femmes. Sylvie Fontaine a parlé du rapport au corps et du « rôle » de procréation de la femme. Le rôle répressif de la religion n’était pas absent non plus de la discussion.

 

 

 

De gauche à droite : Sylvie Fontaine, Marguerite Abouet, Jeanne Puchol, Marie Moinard, Anne Bleuzen, Chantal Montellier, Valérie de Saint-Do, Marie-Jo Bonnet

 

Tous ces éléments amenant donc à l’idée de créer un prix spécifique pour mettre en valeur le travail d’auteures féminines. Pour confirmer le poids de ce prix, Marguerite Abouet a raconté son expérience personnelle : la satisfaction et l’encouragement que peut représenter un prix lorsqu’elle a reçu celui du Premier album à Angoulême pour Aya de Yopougon en 2006.

L’association a expliqué par ailleurs qu’elle souhaitait aller au-delà de la création du prix « Artémisia » (un grand nombre d’éditeurs ont d’ailleurs bien compris l’intérêt et l’importance de ce prix car ils ont envoyé des titres pouvant concourir), en se fixant pour objectif de développer un pôle de ressources afin de combler des lacunes et pouvoir ainsi répondre aux questions statistiques ou de mémoire concernant la création féminine d’œuvres de bande dessinée, mais également de lancer des débats, d’organiser des conférences, des colloques. Un travail de promotion de la bande dessinée féminine qui commence par un travail de connaissance de celle-ci (son histoire, ses auteures, etc.)

 

Après un échange d’idées avec le public, peu nombreux mais intéressé (avec notamment les interventions de Johanna Schipper ou encore de Christian Marmonnier, la rencontre s’est terminée vers 19 heures autour de quelques boissons et d’une restauration légère. L’ambiance était chaleureuse et dans un cadre agréable.

 

Nous suivrons avec attention la suite des évènements, pour dans un premier temps la remise d’un prix « Artémisia », avec la sélection d’ouvrages le 10 décembre, puis l’annonce du résultat le 9 janvier prochain, date anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir.

 

Compte rendu de François Boudet pour Actuabd.com

 

Photo centrale (c) François Boudet

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